Le trecento et le quattrocento, une période clée pour la perspective.

La perspective empirique évolue vers une perspective mathématisée dès le début du XIVème siècle. Cette période est nommée dans le langage artistique: le Trecento ou encore Pré renaissance. En effet, le Trecento est le début d'une grande révolution dans l'art. Cette révolution est marquée par une nouvelle manière de peindre mise en vigueur par un peintre en particulier: Giotto,un peintre, sculteur, architecte Florentin née en 1267 et mort en 1337.

Ainsi, Giotto se présente comme le précurseur de cette nouvelle façon de peindre basée sur la précision des expressions, sur l'observation de la nature et sur le respect de la perspective. Effectivement, sur le plus grand « chantier » en Italie de l'époque, l'église de San Francisco d'Assise Giotto commence à inclure l'idée de perspective dans ces œuvres en respectant ainsi les proportions des personnages les uns en fonction des autres ainsi que la taille de ceux-ci par rapport aux bâtiments. Sur la fresque ci-dessous, le traçage de ligne rouge permet de mettre en évidence la volonté du peintre d'inclure la perspective ici à un point de fuite(1), à l'époque inconnue. Comme nous pouvons le voir, la perspective n'est pas bonne car les lignes ne se rejoignent pas en un seul et même endroit. Cependant, on observe que les éléments ont été travaillés ensembles. En effet, en prolongeant les sommets des encadrements de portes,on observe qu'ils se rejoignent en un même point, de même pour les bâtiments présents au dessus de la scène.

 

 

. « Le pape innocent III approuve la règle de Saint François », fresque
de Giotto dans la basilique San Francisco d'Assise, Italie (1290-1298)

 

Giotto perfectionne cette nouvelle façon de peindre dans de nombreuses autres peintures. Ainsi, sur les fresques de la chapelle Scrovegni présentées ci-dessous, on peut observer l'effort réalisé sur le travail de perspective de la part l'artiste.

 

 

En traçant les lignes principales, on observe l'envie de l'artiste d'introduire la perspective dans son œuvre. Malgré quelques erreurs, on constate que l'artiste a déjà instauré cette idée de perspective dans son travail.
En effet, les lignes ne se rejoignent pas en un point et sont même pour certaines totalement fausses. On observe sur la partie gauche comme une perspective à point de fuite pour certaines lignes, mais cela fut sûrement réalisé inconsciemment par l'artiste. Cependant quelques bonnes bases de la perspectives sont initiées à ce tableau.

 

 


Le Trecento est donc mené principalement par Giotto au niveau de l'instauration de la perspective à sur les peintures réalisées.

L'évolution de la perspective a surtout lieu durant le Quattrocento. En effet, c'est durant ce siècle désigné comme la Renaissance de l'art, qu'ont lieu les grandes découvertes sur les lois de la perspective. Celle-ci devenant ainsi plus juste et plus mathématisée.
Brunelleschi, Alberti et Masaccio, trois peintre Italien ayant vécu entre 1377 et 1472. Ils sont les premiers artistes ayant participer au plus grande avancé sur la perspective pendant  cette révolution de l'art. A l'aide de son expérience réalisée sur la place San Giovanni à Florence en 1415, Brunelleschi réalise l'étape décisive de la mise en perspective avec seulement un miroir et une planchette. «L'artiste réalisant tout d'abord un dessin du baptistère de Florence selon une perspective rigoureuse , perspective centrale. Ensuite Bruneschelli monte son dessin sur la planchette dans laquelle il perce un trou pour voir l'image un baptistère se réfléchir dans le miroir. Ainsi n'importe quel observateur se tenant a l'endroit où le dessin du baptistère a été réalisé, peut constater qu'il se superpose parfaitement avec l'édifice réel.». Cependant ce dernier ne laisse aucune trace de la mise au point de sa technique.


Schéma expliquant l'expérience de Résultat de l'expérience de Bruneschelli.

 

 

Brunelleschi découvre donc la perspective centrale. Démontrant ainsi vers 1415 qu'il existe une relation entre un point de fuite et le point de vue de l'observateur.
Parmi les nombreux artistes ayant travaillé sur la perspective se détache aussi Alberti. Effectivement, dans son traité « De Pictura » l'artiste nous présente sa théorie de l'expérience faite par Brunelleschi. Nous laissant ainsi une trace écrite à travers son ouvrage et une explication des expérience qu'il a réalisé.

 

 

Méthode utilisée par Alberti dans le but de démontrer la théorie de Brunelleschi.

Ainsi, Alberti nous explique dans ses écrits la « Construzione legittima » ce principe consistant à ce que la figure, le dessin ou autres soient faits selon des étapes strictes et précises.(voir construction dans la partie III)

 

 

Sol en pavé construit a l'aide la « Construzione Legittima »

Ami de Brunelleschi, Masaccio réalisant de nombreux tableaux composés d'une perspective incroyablement juste impose son style parmi les « Grands » travaillant sur la perspective. Cependant certains supposent qu'il (Masaccio) a tout de même été aidé dans certaines de ses œuvres par les « Grands ». Ainsi dans son œuvre nommée: « La Trinité », on peu penser qu'il a été aider par Alberti.

 


« La Trinité », Masaccio, 1425-1428

 

Masaccio réalise ici un tableau avec une perspective parfaite. Toutes les lignes se rejoignent en un point précis, au bas du tableau. Nous constatons donc après ce travail de tracé l'utilisation de la perspective à point de fuite, ou perspective centrale. Ce tableau se présente comme le premier tableau constitué d'une perspective juste, et donc comme le symbole de l'évolution de la perspective dans les oeuvres d'art.

 

 

« La Trinité », Masaccio, 1425-1428 (traçage réalisé par le logiciel paint)

S'inspirant des recherches et héritant de la passion de Paolo Ucello, Andrea del Castagne et d'autres, Pierro della Francesca (1420-1492) travaille fortement sur les lois de la perspective. C'est ainsi qu'il est le premier à réaliser une étude scientifique de la perspective. Pierro della Francesca consacre un ouvrage à ce sujet, tout comme Alberti, intitulé « De prospectiva pingedi » (de la perspective en peinture). Parlant ainsi de la perspective des peintres, c'est-à-dire la perspective artificielle, utilisant ainsi un langage géométrique, précis et mathématique.
Ainsi Pierrot della francesca dans ces tableaux utilise une perspective plus recherchée, plus travaillée et plus juste que n'importe quel autre peintres à son époque. On observe ainsi dans son tableau « La flagellation du Christ » un gros travail sur ce sujet.

 

 


« La flagellation du Christ » de Pierro Della Francesca (1457)

Nous pouvons voir ici que toutes les droites du tableau (sauf les parallèles au plan du tableau voir la troisième partie) convergent en un point unique, cela nous indique que l'artiste à une parfaite connaissance de la perspective et de ces règles.

 

 

 

Dürer (1471-1528)est un peintre, graveur, Allemand passionné des mathématiques, il rédige un ouvrage basé sur la perspective. Dürer invente aussi une nouvelle manière de peindre en perspective grâce à un instrument nommé « perspectographe ». Cet instrument est composé d'un cadre en bois où se trouve à l'intérieur une vitre quadrillée. « Le peintre place ce cadre devant la scène qu'il veut représenter. Le peintre regarde la scène à travers un « œilleton », bâton se finissant par un cercle de bois à travers lequel le peintre regarde en clignant d'un œil. La vision du peintre est donc monoculaire (le peintre ne voit la scène que d'un œil) ». Cependant la perspective réalisée n'est pas tout à fait exacte.

Mise en pratique du perspectographe de Dürer, nommé aussi « fenêtre de Dürer »

 

 

 

 

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